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Formation d’apiculteur : quel parcours pour s’installer à son compte ?

Détenir des ruches n'exige aucun diplôme, mais s'installer comme apiculteur professionnel suppose de choisir entre initiation, BPREA et CS apiculture, puis de régler statut MSA et déclarations.

Thomas Vasseur Entrepreneuriat & Business 5 min de lecture

Ruche, enfumoir et pot de miel d'apiculteur

L’essentiel

  • Aucun diplôme n’est obligatoire pour détenir des ruches, mais l’installation professionnelle passe par le BPREA ou le CS apiculture
  • Entre 50 et 199 ruches, l’apiculteur est cotisant de solidarité à la MSA, à partir de 200 ruches il est chef d’exploitation
  • Les ruches se déclarent chaque année du 1er septembre au 31 décembre, dès la première colonie
  • La dotation jeunes agriculteurs suppose une capacité professionnelle agricole, donc un diplôme agricole de niveau 4 en principe

Une formation d’apiculteur ne se choisit pas de la même façon pour tenir quelques ruches ou pour s’installer à son compte. Entre l’initiation de trois jours, le BPREA d’un an et le certificat de spécialisation de 840 heures, l’écart tient au statut visé : seuils d’affiliation à la MSA, aides à l’installation et obligations de déclaration dépendent du nombre de ruches et du diplôme détenu.

Quelle formation d’apiculteur choisir selon son projet ?

Aucun diplôme n’est obligatoire pour détenir des ruches, mais le choix d’une formation d’apiculteur dépend du projet : initiation de trois jours pour débuter, rucher-école pour pratiquer, BPREA ou certificat de spécialisation apiculture pour s’installer en professionnel et accéder aux aides.

ParcoursDuréeAccèsCe qu’il permet
Initiation (UNAF, Saint-Mandé)3 jours : 2 de théorie, 1 de pratiqueDébutants, 200 € (150 € pour étudiants et demandeurs d’emploi)Attestation, non diplômante ni agréée
BPREA option apiculture1 an en formation continue, 2 ans en apprentissageAdultes avec un projet d’installation agricoleCapacité professionnelle agricole, gestion d’entreprise incluse
CS apiculture840 h dont 12 semaines en centre et au moins 12 en milieu professionnelNiveau 4 (bac), dérogation possibleConduite des colonies, multiplication, récolte, sans volet gestion d’entreprise

Les durées du BPREA et du certificat de spécialisation viennent de l’ADA Occitanie, l’association de développement de l’apiculture de la région. L’UNAF recommande de compléter son initiation par un rucher-école ou un CFPPA, centre de formation du ministère de l’Agriculture.

Le BPREA est dispensé dans les CFPPA, mais tous ne proposent pas les deux modules apicoles sur site : une formation à distance existe pour les candidats éloignés, à condition d’avoir déjà une pratique apicole.

À partir de combien de ruches devient-on apiculteur professionnel ?

Le statut dépend du nombre de ruches : sous 50 ruches, aucune cotisation sociale à la MSA ; de 50 à 199 ruches, cotisant de solidarité ; à partir de 200 ruches, chef d’exploitation affilié au régime agricole avec couverture maladie et accidents du travail.

Nombre de ruchesStatut MSAPrécisions
1 à 49Aucune cotisation socialeSIRET nécessaire dès la vente d’un pot de miel
50 à 199Cotisant de solidaritéPas d’affiliation à l’AMEXA, ATEXA obligatoire au-delà de 80 ruches
200 et plusChef d’exploitationAMEXA et ATEXA

Ces seuils viennent de l’antenne Limousin de la MSA et de l’UNAF. Le statut de chef d’exploitation peut aussi être accordé sous le seuil de 200 ruches, avec au moins 1 200 heures de travail annuelles, et le seuil de cotisant de solidarité se situe entre 150 et 1 200 heures par an. L’AMEXA désigne l’assurance maladie des exploitants agricoles, l’ATEXA l’assurance contre les accidents du travail. L’élevage d’abeilles relève du régime agricole de la MSA.

Quelles démarches avant la première récolte ?

Dès la première colonie, l’apiculteur se déclare auprès du ministère de l’Agriculture et obtient un numéro d’apiculteur (NAPI). La déclaration de ruches se renouvelle ensuite chaque année, en ligne, du 1er septembre au 31 décembre.

Cinq démarches sont à engager dans l’ordre :

  1. Déclarer ses ruches sur MesDémarches dès la première colonie, puis chaque année, pour recevoir le NAPI
  2. Afficher le NAPI au rucher, sur au moins 10 % des ruches ou sur un panneau à proximité
  3. Demander un SIRET pour toute vente de miel, même d’un seul pot, via le guichet de l’INPI en ajoutant l’activité apicole
  4. Tenir un registre d’élevage, conservé au moins cinq ans, avec les soins et les mouvements de colonies
  5. Respecter la traçabilité du miel, avec un cahier de miellerie conservé cinq ans, ainsi que l’étiquetage obligatoire

Déclaration des ruches : 31 décembre. La campagne annuelle court du 1er septembre au 31 décembre et concerne tous les détenteurs, quel que soit le nombre de ruches. Elle est décrite sur le site du ministère de l’Agriculture.

Comment financer la formation et l’installation ?

La dotation jeunes agriculteurs (DJA) s’adresse aux candidats de 18 à 40 ans qui justifient d’une capacité professionnelle agricole, c’est-à-dire en principe d’un diplôme agricole de niveau 4, et d’un plan de professionnalisation personnalisé. Sans diplôme agricole, l’accès à cette aide est fermé sauf dérogation, d’après la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le BPREA délivre cette capacité professionnelle agricole et donne accès aux aides nationales à l’installation, selon l’ADA Occitanie. Le certificat de spécialisation, lui, ne comprend pas de formation à la gestion d’une entreprise.

Pour les formations certifiantes, la prise en charge par le CPF se vérifie sur la fiche du centre de formation. Les critères sont détaillés dans l’article sur la formation éligible au CPF. Les conditions de la DJA évoluent et se confirment auprès de la chambre d’agriculture ou du CFPPA avant de bâtir un plan de financement.

Quels revenus et quelle organisation prévoir ?

L’élevage d’abeilles est une activité saisonnière et le revenu varie avec le nombre de ruches, la production et le mode de vente. La fiche de Je change de métier indique que les apiculteurs salariés gagnent en général le Smic, que les indépendants ont des revenus variables, et que beaucoup d’apiculteurs ont une autre source de revenus.

La chambre d’agriculture des Pays de la Loire situe l’assujettissement comme exploitant agricole pour une demi-surface minimale d’installation (SMI) à partir de 200 ruches et pour une SMI complète à partir de 400 ruches, avec une imposition fiscale dès plus de 10 ruches. Je change de métier avance que 400 ruches sont en principe nécessaires pour espérer un revenu proche du Smic.

Avant de s’engager, un stage de plusieurs jours chez un apiculteur installé constitue une enquête métier concrète : calendrier des saisons, transhumance éventuelle, vente directe et temps passé hors du rucher.

Choisir sa formation d’apiculteur avant de s’installer

Choisir une formation d’apiculteur revient à choisir un statut. L’initiation et le rucher-école conviennent à une activité de loisir ou à un test, le BPREA ou le certificat de spécialisation à un projet de professionnel, avec accès aux aides si la capacité agricole est acquise. La déclaration des ruches, le SIRET en cas de vente et le registre d’élevage s’imposent dans tous les cas, dès la première colonie.

Questions fréquentes sur la formation d’apiculteur

Faut-il un diplôme pour être apiculteur ?

Non pour détenir des ruches, aucun diplôme n’est obligatoire. Un diplôme agricole de niveau 4, comme le BPREA, devient en revanche nécessaire pour accéder aux aides nationales à l’installation, dont la DJA.

Peut-on être apiculteur à titre complémentaire ?

Oui. Entre 50 et 199 ruches, l’apiculteur est cotisant de solidarité à la MSA. Le seuil horaire correspondant va de 150 à moins de 1 200 heures de travail par an.

Où trouver un rucher-école ?

Les ruchers-écoles sont, pour la plupart, tenus par des syndicats ou des associations d’apiculteurs, d’après l’ADAPL.

Faut-il un SIRET pour vendre du miel ?

Oui, dès la vente d’un seul pot, d’après l’UNAF. La demande se fait via le guichet de l’INPI, en ajoutant l’activité apicole, et le registre de traçabilité doit être tenu.

Quand faut-il déclarer ses ruches ?

Chaque année du 1er septembre au 31 décembre, et immédiatement dès la première colonie lorsqu’elle arrive hors de cette période.