Aller au contenu
groupecd

Métiers manuels qui recrutent : quels secteurs et quelles formations ?

Bâtiment, mécanique et travail des métaux, maintenance : la Dares recense encore six métiers sur dix en tension forte ou très forte en 2024, la plupart accessibles avec une formation d'un à deux ans.

Claire Dubreuil Carrière & Recrutement 8 min de lecture

Truelle, clé à molette, casque de chantier et chalumeau

L’essentiel

  • En 2024, six métiers sur dix restent en tension forte ou très forte en France, selon la Dares, un repli après un pic record en 2023.
  • Les tensions demeurent les plus élevées dans le bâtiment, la mécanique et le travail des métaux, et la maintenance.
  • La plupart de ces métiers s’apprennent en 1 à 2 ans (CAP, BP), accessibles en formation initiale, en apprentissage ou en reconversion.
  • Le salaire de début se situe le plus souvent autour du Smic (1 867,02 € brut mensuel depuis le 1ᵉʳ juin 2026), avec une progression rapide selon l’expérience.

Quels métiers manuels recrutent le plus en France ?

Un métier est dit « en tension » lorsque les employeurs peinent à trouver des candidats pour les postes ouverts, faute de vivier suffisant ou de compétences disponibles. Selon la Dares, six métiers sur dix étaient en tension forte ou très forte en 2024, contre sept sur dix en 2023, soit un repli après un niveau record. Cela représente un peu plus de la moitié de l’emploi total en France, contre près des deux tiers l’année précédente.

Ce repli touche l’ensemble des domaines professionnels, en particulier l’informatique, les industries de process et la logistique. Les tensions restent en revanche très élevées dans le bâtiment, la mécanique et le travail des métaux, la maintenance et la santé. La Dares précise que les trente métiers les plus en tension font face à un vivier de candidats insuffisant, souvent lié à des exigences de formation spécifiques, mais offrent en contrepartie des rémunérations relativement attractives.

Concrètement, ce sont surtout des métiers manuels et techniques qui composent cette liste : les entreprises du bâtiment, de l’industrie et de l’artisanat alimentaire peinent depuis plusieurs années à recruter, alors même que ces secteurs n’exigent pas systématiquement un diplôme long.

Bâtiment : les métiers manuels les plus en tension

Le bâtiment fait partie des secteurs où la Dares constate le niveau de tension le plus constant, indépendamment des cycles économiques. Trois métiers illustrent cette difficulté persistante à recruter.

Électricien du bâtiment

L’électricien du bâtiment installe, raccorde et met en service les réseaux électriques d’un logement ou d’un local professionnel, et en assure la maintenance. L’accès se fait via un CAP électricien (2 ans) ou un bac professionnel métiers de l’électricité (3 ans), tous deux ouverts à l’apprentissage. Une reconversion en formation continue s’organise en général sur une durée comparable au CAP, parfois raccourcie pour un adulte disposant déjà d’une expérience technique.

Plombier-chauffagiste

Le plombier-chauffagiste installe et entretient les réseaux d’eau, de chauffage et parfois de climatisation. La voie la plus courante reste le CAP monteur en installations thermiques (2 ans), complété selon les employeurs par un brevet professionnel (2 ans supplémentaires) pour accéder à des postes à responsabilité. La montée en puissance des pompes à chaleur et des systèmes de chauffage bas carbone renforce la demande sur ce métier, déjà identifié comme durablement en tension.

Couvreur

Le couvreur pose, entretient et répare les toitures, en zinguerie comme en ardoise ou en tuile. Le CAP couvreur (2 ans) constitue la porte d’entrée classique, avec une mention complémentaire zinguerie (1 an) possible pour se spécialiser. C’est un des métiers du bâtiment où la pénibilité physique et le travail en hauteur limitent le nombre de candidats, ce qui explique en partie la tension persistante malgré des perspectives d’embauche régulières.

Menuisier

Le menuisier fabrique et pose des ouvrages en bois, en PVC ou en aluminium : fenêtres, portes, escaliers, agencements intérieurs. Le CAP menuisier fabricant de menuiserie, mobilier et agencement (2 ans) ou le CAP installateur en menuiserie permettent d’y accéder, avec la possibilité de poursuivre vers un brevet professionnel pour se spécialiser dans la pose ou l’agencement haut de gamme. La demande reste soutenue par les chantiers de rénovation énergétique, qui imposent le remplacement des menuiseries anciennes.

Industrie et maintenance : des métiers techniques qui manquent de candidats

La mécanique, le travail des métaux et la maintenance figurent parmi les domaines où la Dares observe les tensions les plus élevées, y compris lorsque les tensions reculent ailleurs.

Soudeur-métallier

Le soudeur assemble des pièces métalliques par fusion, selon des procédés variés (MIG, TIG, à l’arc). L’accès se fait par un CAP réalisations industrielles en chaudronnerie ou soudage (2 ans) ou par des formations qualifiantes plus courtes, de quelques mois, préparant à des qualifications de soudage reconnues par les industriels. C’est un métier où la validation d’un geste technique précis compte souvent davantage que le diplôme d’origine.

Technicien de maintenance industrielle

Le technicien de maintenance industrielle diagnostique les pannes et entretient les équipements de production. La voie de référence est le bac professionnel maintenance des systèmes de production connectés (3 ans) ou, pour un niveau supérieur, le BTS maintenance des systèmes (2 ans post-bac). Ce métier combine des compétences en mécanique, en électricité et, de façon croissante, en automatisme, ce qui explique la difficulté des entreprises à trouver des profils complets.

Métiers de bouche : une tension moins mesurée mais persistante

La Dares ne classe pas spécifiquement les métiers de bouche parmi les domaines les plus en tension au niveau national, mais les fédérations professionnelles du secteur alimentaire signalent des difficultés de recrutement récurrentes, en particulier sur les horaires décalés propres à ces métiers.

Boulanger

Le boulanger fabrique le pain et la viennoiserie, souvent avec des horaires commençant tôt le matin. Le CAP boulanger (2 ans) reste la voie d’accès de référence, accessible en apprentissage dès 16 ans ou en formation continue pour un adulte en reconversion. Un brevet professionnel boulanger (2 ans supplémentaires) permet ensuite d’évoluer vers la gestion d’une boutique.

Boucher

Le boucher achète, découpe et prépare les viandes destinées à la vente. L’accès passe par un CAP boucher (2 ans), complété si besoin d’une mention complémentaire employé traiteur pour élargir les débouchés vers la restauration. La reconversion vers ce métier reste possible à tout âge, les organismes de formation continue proposant des parcours accélérés pour les adultes déjà en activité.

D’autres métiers manuels également recherchés

Au-delà des métiers détaillés plus haut, plusieurs autres professions manuelles affichent des besoins de recrutement réguliers, sans figurer parmi les toutes premières positions du classement Dares :

  • Carreleur : pose de revêtements sols et murs, accessible via un CAP carreleur-mosaïste (2 ans).
  • Peintre en bâtiment : préparation et finition des supports, CAP peintre-applicateur de revêtements (2 ans), souvent combiné avec des compétences en décoration.
  • Mécanicien automobile : entretien et réparation des véhicules, CAP maintenance des véhicules (2 ans), avec une évolution rapide vers l’électrique et l’hybride qui renouvelle les besoins en formation continue.
  • Jardinier-paysagiste : conception et entretien d’espaces verts, CAP jardinier paysagiste ou bac professionnel aménagements paysagers (3 ans).

Quelle formation pour accéder à un métier manuel qui recrute ?

La majorité des métiers manuels présentés ici s’apprennent en un à deux ans, via un CAP ou un titre professionnel équivalent. Cette durée courte, comparée à un cursus universitaire, explique en partie pourquoi ces métiers restent accessibles à une reconversion à tout âge, y compris après plusieurs années dans un métier sans rapport.

Avant de s’engager, une enquête métier reste utile pour vérifier la réalité du quotidien d’un métier manuel, souvent différente de l’image qu’on s’en fait de l’extérieur : port de charges, horaires, conditions climatiques ou physiques. La méthode pour la mener est détaillée dans l’article consacré à l’enquête métier avant une reconversion.

Comment financer une reconversion vers un métier manuel ?

Plusieurs dispositifs permettent de financer une formation vers un métier manuel sans rester sans revenu pendant la durée du parcours. Le compte personnel de formation (CPF) finance tout ou partie d’une formation certifiante, dans la limite du solde disponible. Le projet de transition professionnelle (PTP), qui a remplacé le congé individuel de formation, permet à un salarié de s’absenter pour se former à un nouveau métier tout en conservant une rémunération, via les opérateurs régionaux Transitions Pro. Pour un demandeur d’emploi, France Travail peut compléter le financement via une aide individuelle à la formation.

Candidater après la formation. Une fois la formation engagée ou terminée, la candidature dans un métier manuel suit les mêmes règles que toute reconversion : valoriser les compétences transférables plutôt que masquer le changement de voie. La structure à suivre pour une lettre de motivation de reconversion est détaillée dans cet article dédié.

Questions fréquentes sur les métiers manuels qui recrutent

Quels sont les métiers manuels qui recrutent le plus actuellement ?

Selon la Dares, les tensions les plus fortes concernent le bâtiment (électricien, plombier-chauffagiste, couvreur), la mécanique et le travail des métaux (soudeur) ainsi que la maintenance industrielle. Les métiers de bouche restent également recherchés, sans être classés parmi les plus tendus au niveau national.

Faut-il un diplôme pour exercer un métier manuel ?

Dans la plupart des cas, oui : un CAP ou un titre professionnel équivalent reste attendu par les employeurs, notamment pour les métiers réglementés comme l’électricité ou la boucherie. Certains postes de soudage acceptent en revanche une qualification technique courte, sans CAP préalable.

Quel salaire pour un métier manuel en début de carrière ?

Le salaire d’entrée se situe le plus souvent autour du Smic, soit 1 867,02 € brut mensuel depuis le 1ᵉʳ juin 2026, avec des variations selon la convention collective et la région. La Dares observe que les métiers les plus en tension offrent des rémunérations relativement attractives par rapport à leur niveau de qualification.

Peut-on se reconvertir vers un métier manuel après 40 ans ?

Oui, l’âge ne constitue pas un obstacle réglementaire pour suivre un CAP en formation continue ou un titre professionnel. Les organismes de formation proposent des parcours accélérés pour les adultes déjà en activité, tenant compte de leur expérience professionnelle antérieure.

Comment financer une formation vers un métier manuel ?

Le compte personnel de formation, le projet de transition professionnelle géré par Transitions Pro, ou une aide individuelle à la formation de France Travail pour un demandeur d’emploi sont les trois leviers les plus courants, selon le statut au moment de la reconversion.

Les métiers manuels recrutent-ils partout en France ?

La Dares mesure les tensions au niveau national, mais leur intensité varie selon les bassins d’emploi et l’activité économique locale. Un secteur du bâtiment très actif dans une région donnée, par exemple autour de grands chantiers d’infrastructure, accentue localement la difficulté à recruter des profils déjà formés.