Aller au contenu
groupecd

Métier bien payé que personne ne veut faire : 8 exemples

Cordiste, éboueur, médecin légiste, conducteur routier : ces métiers bien payés que personne ne veut faire recrutent, avec des salaires sourcés et vérifiés.

Claire Dubreuil Carrière & Recrutement 5 min de lecture

Casque de chantier, corde et outils symbolisant les metiers bien payes delaisses

L’essentiel

  • Les métiers bien payés que personne ne veut faire partagent un point commun : des conditions de travail exigeantes (horaires, physique, image) plutôt qu’un manque réel de débouchés.
  • Cordiste, conducteur routier international et médecin légiste comptent parmi les rémunérations les plus documentées, avec une progression rapide selon l’expérience.
  • La plupart de ces métiers restent accessibles par une reconversion, souvent via une formation courte ou un titre professionnel, sans repartir de zéro.

Un métier bien payé que personne ne veut faire n’est presque jamais un métier sans débouchés : c’est le plus souvent un métier aux conditions de travail exigeantes, qui compense ces contraintes par une rémunération supérieure à la moyenne de secteurs comparables.

Pourquoi ces métiers bien payés peinent-ils à recruter ?

Trois facteurs reviennent systématiquement : des horaires décalés ou irréguliers, une pénibilité physique ou psychologique réelle, et une image sociale dégradée qui décourage les candidatures malgré une rémunération correcte. Aucun de ces facteurs ne reflète un manque de compétences requises ou de perspectives d’évolution.

Cette situation crée une opportunité concrète pour une reconversion : les employeurs de ces secteurs recrutent activement et forment souvent en interne, faute de candidatures suffisantes par les voies classiques.

Quels métiers bien payés que personne ne veut faire recrutent aujourd’hui ?

Cordiste

Le cordiste intervient en hauteur, suspendu par un système de cordes, pour des travaux de maintenance, de nettoyage ou d’inspection de structures difficiles d’accès. Selon Hellowork, la rémunération démarre autour de 25 500 € brut annuel sans expérience et atteint 34 500 à 39 900 € pour un profil confirmé à senior. Le métier requiert un certificat d’aptitude aux travaux sur cordes (CQP ou IRATA) plutôt qu’un diplôme long.

Conducteur routier international

Le conducteur routier international assure des trajets longue distance à travers plusieurs pays européens, avec des absences prolongées du domicile. D’après Hellowork, un profil expérimenté perçoit entre 1 976 et 2 347 € net par mois, primes de découchage et de route comprises, une rémunération qui progresse avec l’ancienneté et le type de trajet.

Médecin légiste

Le médecin légiste pratique des autopsies et des expertises médico-légales pour la justice, un travail perçu comme éprouvant émotionnellement qui explique une pénurie de vocations. Exerçant comme praticien hospitalier, il relève de la grille indiciaire correspondante, qui va de 4 634 € brut mensuel en début de carrière à plus de 9 000 € en fin de carrière. L’accès passe par un troisième cycle de médecine légale après les études de médecine générale.

Agent de collecte des déchets (éboueur)

L’agent de collecte travaille tôt le matin, en extérieur, avec une exposition régulière aux odeurs et aux intempéries. Les grilles observées par Hellowork situent la rémunération entre 22 400 et 23 700 € brut annuel en début de carrière, primes d’insalubrité et de matinée comprises, dans la fonction publique territoriale comme chez les prestataires privés.

Plombier-chauffagiste

Le plombier-chauffagiste intervient souvent en urgence, y compris le week-end, pour des pannes qui ne peuvent pas attendre. La rémunération en tant que salarié reste modérée en début de carrière, mais progresse nettement une fois installé à son compte, portée par une demande d’intervention qui dépasse largement l’offre disponible dans de nombreuses régions.

Couvreur

Le couvreur travaille en hauteur et en extérieur, exposé aux intempéries et au vertige, sur des chantiers de rénovation ou de construction. La pénurie de candidats dans ce métier du bâtiment se traduit par des propositions de formation accélérée de la part de nombreux employeurs, prêts à former sur le terrain un profil motivé sans expérience préalable.

Conseiller ou agent funéraire

Le conseiller funéraire accompagne les familles dans l’organisation des obsèques, un métier freiné par le tabou social qui entoure la mort plus que par des conditions de travail extrêmes. La formation, courte, est accessible sans diplôme préalable spécifique, avec un examen d’aptitude obligatoire pour exercer.

Soudeur

Le soudeur travaille au contact de fumées et de projections, parfois en hauteur ou en espace confiné selon les chantiers. Les qualifications spécialisées (soudure sur métaux spécifiques, certifications techniques) élèvent nettement la rémunération par rapport à une qualification générale, dans un secteur industriel qui manque durablement de candidats formés.

À noter. Les fourchettes indiquées varient selon la région, le statut (salarié ou indépendant) et les primes propres à chaque employeur. Elles servent de repère, pas de garantie individuelle de rémunération.

Comment se reconvertir vers un de ces métiers ?

La plupart de ces métiers s’apprennent par une formation courte, un titre professionnel ou une certification technique, plutôt que par un diplôme long. Un bilan de compétences, financé par le CPF, aide à vérifier la compatibilité du métier visé avec ses contraintes personnelles (horaires, mobilité, physique) avant de s’engager dans une formation.

De nombreux employeurs de ces secteurs, confrontés à un déficit durable de candidatures, proposent une formation interne ou en alternance directement à l’embauche, ce qui réduit le coût d’entrée pour une personne en reconversion.

Choisir un métier bien payé que personne ne veut faire suppose donc d’accepter une contrainte identifiée (horaires, physique, image) en échange d’une rémunération et d’un accès à l’emploi plus favorables que dans des métiers plus recherchés à qualification équivalente.

Ce qu’on demande le plus souvent

Ces métiers recrutent-ils vraiment sans expérience ?

Beaucoup, oui, via une formation interne ou un contrat en alternance. D’autres, comme la médecine légale, exigent un parcours d’études long qui ne se raccourcit pas, quel que soit le déficit de vocations.

Le salaire compense-t-il vraiment la pénibilité ?

Cela dépend de la tolérance individuelle aux contraintes du poste. La rémunération est réellement supérieure à des métiers comparables en qualification, mais elle ne supprime pas la pénibilité physique ou les horaires décalés pour autant.

Ces métiers sont-ils accessibles après 40 ou 50 ans ?

La plupart, oui, notamment ceux qui recrutent par formation interne. Certains métiers très physiques (cordiste, couvreur) deviennent en revanche plus difficiles à exercer passé un certain âge, ce qui mérite d’être anticipé avant de s’engager.

Comment financer une formation vers un de ces métiers ?

Le CPF, l’aide individuelle à la formation de France Travail et le CPF de transition professionnelle couvrent tout ou partie de ces formations, souvent courtes et rapidement rentabilisées grâce à une insertion professionnelle plus rapide que la moyenne.