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Les meilleures écoles de journalisme en Europe

En France, quatorze écoles de journalisme sont reconnues par la profession ; plusieurs cursus étrangers offrent une reconnaissance comparable ailleurs en Europe.

Claire Dubreuil Formations & Certifications 6 min de lecture

Carnet, stylo et appareil photo de reporter

L’essentiel

  • En France, quatorze écoles sont reconnues par la profession (CPNEJ), avec Sciences Po, l’ESJ Lille et le CFJ en tête du classement 2022 du Figaro Étudiant.
  • Hors de France, la Deutsche Journalistenschule (Munich), la Danish School of Media and Journalism (Aarhus) ou City St George’s, University of London bénéficient d’une reconnaissance comparable dans leur pays.
  • Un échange s’organise le plus souvent via Erasmus+, avec une bourse mensuelle de 300 à 700 €.
  • Le niveau de langue exigé va de B2 pour un échange à C1 pour un double diplôme.

Les meilleures écoles de journalisme en Europe ne se limitent pas aux quatorze établissements reconnus par la profession en France. Plusieurs cursus étrangers, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Belgique ou au Danemark, bénéficient d’une reconnaissance équivalente dans leur propre pays, avec des critères d’admission et de financement différents.

Le choix d’une école dépend moins d’un classement unique que de plusieurs critères concrets : reconnaissance par la profession, place de l’alternance, sélectivité à l’entrée, langue d’enseignement et durée réelle du cursus. Cet article détaille ces repères pour comparer les écoles françaises et européennes avant de candidater.

Le trio de tête des écoles de journalisme reconnues en France

En France, la profession reconnaît quatorze écoles via la CPNEJ (Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes). Selon le classement 2022 du Figaro Étudiant, l’École de journalisme de Sciences Po, l’ESJ Lille et le CFJ (Centre de formation des journalistes) occupent les trois premières places, à quelques points d’écart.

Cette méthodologie répartit cinquante points entre les prix et bourses obtenus par les étudiants entre 2018 et 2022, la reconnaissance de l’école et la part de formations en alternance, puis l’avis de recruteurs en rédaction. L’alternance pèse lourd dans le résultat final : les écoles qui la proposent largement, comme l’ESJ Lille, se classent généralement mieux que celles qui la réservent à une minorité d’étudiants.

Au-delà du trio de tête, les écoles reconnues par la CPNEJ incluent notamment le CELSA (Sorbonne Université), le CUEJ (Université de Strasbourg), l’IJBA (Université Bordeaux Montaigne), l’IPJ Dauphine-PSL et l’EJCAM (Aix-Marseille Université). La liste complète, mise à jour chaque année, est publiée par l’Onisep.

Les meilleures écoles de journalisme en Europe, au-delà de la France

Plusieurs pays européens disposent de leur propre système de reconnaissance professionnelle, indépendant de la CPNEJ française. En Allemagne, la Deutsche Journalistenschule (Munich) forme depuis 1949 une large part des rédactions nationales par la voie du concours. Au Royaume-Uni, les cursus accrédités par le NCTJ (National Council for the Training of Journalists), comme celui de City St George’s, University of London, jouent un rôle proche de celui de la CPNEJ.

En Belgique, l’IHECS (Institut des Hautes Études des Communications Sociales, Bruxelles) est reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour son master en presse et information. Au Danemark, la Danish School of Media and Journalism (DMJX, Aarhus) est un établissement d’État qui propose un bachelor entièrement enseigné en anglais, ouvert aux étudiants internationaux.

Aux Pays-Bas, la haute école Windesheim (Zwolle) forme environ 500 étudiants en journalisme, sélectionnés sur dossier et travaux pratiques. En Espagne, l’Universidad Complutense de Madrid propose un master en journalisme multimédia adossé à des conventions de stage avec plusieurs médias nationaux.

La plupart de ces écoles nationales sont réunies au sein de l’EJTA (European Journalism Training Association), qui fixe des critères de qualité communs à l’échelle européenne sans publier de classement officiel. C’est ce qui explique l’absence d’un palmarès unique des meilleures écoles de journalisme en Europe, à la différence du classement franco-français du Figaro Étudiant.

ÉcolePaysReconnaissanceDuréeLangue
Deutsche JournalistenschuleAllemagneSélection sur concours18 mois (12 de cours, 6 de stage)Allemand
Danish School of Media and Journalism (DMJX)DanemarkÉcole d’État3 ans (bachelor)Anglais
City St George’s, University of LondonRoyaume-UniAccréditation NCTJ1 an (master)Anglais
IHECSBelgiqueReconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles5 ans (bachelor et master)Français

Quels critères comparer avant de choisir une école en Europe ?

Quatre critères permettent de comparer deux écoles de journalisme sans se fier à un classement unique : la reconnaissance officielle par la profession ou par l’État, la part de formation en alternance ou en stage, le niveau de sélectivité à l’entrée, et la langue d’enseignement.

  • Reconnaissance par la CPNEJ en France, par le NCTJ au Royaume-Uni, ou par une fédération régionale en Belgique. Une école non reconnue peut néanmoins former de bons journalistes, mais sans le même appui à l’insertion.
  • Alternance et stages, que le Figaro Étudiant observe comme un facteur qui favorise l’accès aux rédactions dès la sortie d’école.
  • Sélectivité à l’entrée : concours écrit et oral pour la plupart des écoles reconnues, dossier seul pour d’autres établissements, avec un niveau d’entrée jugé plus hétérogène selon le même classement.
  • Langue d’enseignement, qui détermine le marché de l’emploi visé à la sortie, national ou international.

Diplôme et carte de presse. Un diplôme délivré par une école reconnue facilite l’accès aux rédactions, mais il ne donne pas droit à la carte de presse pour autant. Son attribution dépend de l’activité professionnelle réellement exercée, pas du cursus suivi.

Comment financer et organiser un cursus de journalisme à l’étranger ?

Un semestre ou une année d’études de journalisme dans une autre école européenne s’organise le plus souvent via Erasmus+, avec une bourse mensuelle de 300 à 700 € selon le pays de destination et la situation de l’étudiant. Un double diplôme, plus engageant, suppose généralement un niveau de langue C1, contre un niveau B2 pour un simple échange.

Le montage d’un dossier de candidature demande en général six à huit mois de préparation avant le départ : constitution d’un portfolio de travaux journalistiques, certification officielle du niveau de langue, et dépôt de la demande auprès du service des relations internationales de l’école d’origine, dès la deuxième année de cursus.

Passeport, billet d'avion et pièces de monnaie pour un échange Erasmus

Établir une liste des meilleures écoles de journalisme en Europe suppose donc de croiser plusieurs repères : reconnaissance professionnelle, alternance, sélectivité et langue, plutôt qu’un classement unique qui resterait, par construction, franco-français.

Ce qu’il faut savoir avant de candidater

Existe-t-il un classement officiel des meilleures écoles de journalisme en Europe ?

Non. Seul le Figaro Étudiant publie un classement structuré, limité aux écoles françaises. L’EJTA rassemble les écoles reconnues à l’échelle européenne sans les classer entre elles : comparer plusieurs critères (reconnaissance, alternance, langue, coût) reste la méthode la plus fiable pour choisir hors de France.

Faut-il un diplôme reconnu pour devenir journaliste ?

Non. La profession de journaliste n’est pas réglementée en France ni dans la plupart des pays européens : aucun diplôme n’est légalement obligatoire pour exercer. Un diplôme reconnu par la CPNEJ ou le NCTJ facilite néanmoins l’accès aux rédactions et à certains concours internes.

Comment étudier le journalisme en Europe sans passer par une école française ?

Une candidature directe auprès d’une école étrangère reste possible, via ses propres modalités d’admission (concours, dossier, entretien). L’échange Erasmus+ depuis une école ou une université française constitue une autre voie, plus encadrée, pour un semestre ou une année.

Quel est le niveau de langue requis pour un échange Erasmus+ en journalisme ?

Un niveau B2 est généralement demandé pour un échange classique d’un semestre. Un double diplôme, qui engage l’étudiant sur un cursus complet dans l’établissement partenaire, exige le plus souvent un niveau C1, certifié par un test officiel.

Les écoles privées de journalisme sont-elles reconnues par la profession ?

Certaines le sont, d’autres non. La reconnaissance par la CPNEJ dépend de critères précis (contenu pédagogique, stages, insertion professionnelle) réévalués périodiquement, indépendamment du statut public ou privé de l’établissement.

Une école de journalisme non reconnue empêche-t-elle de trouver un emploi ?

Non, mais elle demande souvent un travail supplémentaire pour convaincre une rédaction : stages multipliés, portfolio étoffé, pigiste avant l’embauche. Les recruteurs interrogés par le Figaro Étudiant disent regarder autant les réalisations concrètes que l’établissement d’origine.