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École du numérique : quel OPCO finance la formation ?

Le sigle OPCA a disparu en 2019, remplacé par les OPCO. Pour une école du numérique, l'opérateur de référence est Atlas, ex-Fafiec, aux côtés du CPF et de France Travail.

Claire Dubreuil Formations & Certifications 4 min de lecture

Ordinateur, toque de diplôme et dossier de financement

L’essentiel

  • Les OPCA ont disparu au 1er janvier 2019 : ils sont devenus des OPCO (opérateurs de compétences), au nombre de 11.
  • Pour une école du numérique, l’opérateur de compétences de référence est Atlas, né de la fusion du Fafiec et d’Opcabaia, qui couvre la branche numérique, ingénierie, conseil et événementiel.
  • Le label Grande École du Numérique distingue des formations de qualité mais n’est pas lui-même un financeur : il ouvre l’accès à des bourses et appels à projets spécifiques.
  • Le financement effectif passe par le CPF, l’OPCO de l’employeur en alternance, ou l’aide individuelle à la formation de France Travail.

Chercher un financement pour une école du numérique via un OPCA ramène souvent vers des pages datées : ce sigle a disparu du système de formation professionnelle en 2019, remplacé par les OPCO. La question reste légitime, seule la réponse a changé de nom.

Pourquoi parle-t-on encore d’OPCA pour une école du numérique ?

La loi « Avenir professionnel » de 2018 a transformé les 21 OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés) en 11 OPCO (opérateurs de compétences), regroupés par grandes filières économiques plutôt que par branche isolée. Le changement de nom s’accompagne d’un changement de rôle : au-delà de la collecte des fonds, transférée à l’Urssaf à partir de 2021, l’OPCO accompagne les entreprises dans l’identification de leurs besoins de formation et le montage des dossiers de financement.

De nombreuses pages web, référencées depuis plusieurs années, continuent de citer l’ancien sigle. C’est le cas pour le numérique, où l’ancien Fafiec (OPCA du numérique, de l’ingénierie, du conseil, des études et de l’événement, créé en 1989) reste parfois mentionné alors qu’il a changé d’identité.

Quel OPCO finance une formation en école du numérique aujourd’hui ?

L’opérateur de compétences compétent pour le numérique est Atlas. Selon la fédération Syntec, qui représente les entreprises du numérique, de l’ingénierie et du conseil, « Atlas a été désigné pour la branche de l’ingénierie, du numérique, du conseil et des métiers de l’événement ». L’opérateur est né de la fusion du Fafiec et d’Opcabaia (l’ancien OPCA de la banque et de l’assurance), et couvre aujourd’hui une quinzaine de branches professionnelles.

Concrètement, une entreprise du secteur numérique qui recrute un apprenti ou un salarié en contrat de professionnalisation dans une école du numérique sollicite Atlas pour le financement de l’alternance. Un salarié déjà en poste peut, selon les accords de branche, mobiliser le même opérateur pour une partie de son plan de développement des compétences.

Le label Grande École du Numérique est-il un financement ?

Non, le label Grande École du Numérique (GEN) n’est pas un dispositif de financement mais un label d’excellence porté par l’État depuis plus de cinq ans, qui identifie et fédère des formations courtes aux métiers du numérique, souvent ouvertes sans diplôme préalable.

Ce que change le label. Une formation labellisée GEN peut donner accès à des bourses spécifiques pour les apprenants et à des appels à projets réservés aux organismes candidats, mais le financement de la formation reste porté par les dispositifs de droit commun : CPF, OPCO, France Travail. Le financement public de l’État et de ses opérateurs sur ces appels à projets ne peut d’ailleurs pas dépasser 80 % du coût total de la formation.

Comment financer concrètement sa formation dans une école du numérique ?

Le choix du dispositif dépend surtout du statut du candidat au moment de l’entrée en formation :

  • Salarié en alternance (apprentissage ou contrat de professionnalisation) : le financement passe par l’OPCO de l’entreprise d’accueil, Atlas pour le secteur numérique.
  • Salarié en poste souhaitant se former en parallèle : le CPF ou le plan de développement des compétences de l’employeur, en fonction de l’accord de l’entreprise.
  • Demandeur d’emploi : l’aide individuelle à la formation de France Travail, éventuellement complétée par un abondement du conseil régional.
  • Formation labellisée GEN : une bourse de l’État peut compléter ces dispositifs pour les publics les plus éloignés de l’emploi, sur des critères propres à chaque appel à projets.

Dans tous les cas, la démarche commence par identifier l’OPCO réellement compétent (Atlas pour le numérique au sens large, un autre opérateur si l’entreprise d’accueil relève d’une branche différente), avant de vérifier l’éligibilité de la formation visée sur moncompteformation.gouv.fr ou auprès d’un conseiller France Travail.

École du numérique et OPCA : les questions les plus posées

Le Fafiec existe-t-il encore ?

Non, le Fafiec a disparu en tant qu’OPCA en 2019. Ses missions pour le numérique, l’ingénierie, le conseil et l’événementiel ont été reprises par Atlas, issu de sa fusion avec Opcabaia.

Une entreprise peut-elle choisir librement son OPCO ?

Non, l’OPCO dépend de la branche professionnelle à laquelle appartient l’entreprise, déterminée par sa convention collective. Une entreprise du numérique relevant de la convention Syntec dépend d’Atlas, sans possibilité de choisir un autre opérateur.

Un demandeur d’emploi peut-il solliciter un OPCO directement ?

Non, l’OPCO finance en priorité les entreprises et leurs salariés. Un demandeur d’emploi passe par France Travail pour l’aide individuelle à la formation, ou par un contrat de professionnalisation s’il retrouve un employeur avant l’entrée en formation.

Le label Grande École du Numérique garantit-il un emploi à la sortie ?

Non. Le label atteste de la qualité pédagogique et de l’insertion professionnelle visée par la formation, mais aucun dispositif de financement ni aucun label ne garantit une embauche individuelle à l’issue du parcours.